Ça vous arrive de vouloir faire les choses parfaitement? De peiner sans cesse sur un projet pour atteindre un objectif qui semble impossible à atteindre tellement vos exigences sont grandes? D’avoir le sentiment d’être un incapable et d’avoir échouer parce que le résultat d’un travail n’est pas aussi parfait que vous l’auriez souhaité? C’est que vous êtes fort probablement perfectionniste. La personne perfectionniste est une éternelle insatisfaite et ressent très souvent de l’anxiété, de la honte et de la culpabilité. Elle appréhende l’avenir et redoute l’échec. Je sais cela car j’ai souvent eu ce genre d’attitude.
Aujourd’hui, après de sérieuses remises en question, je peux enfin dire : « Au diable le lavage de plancher, le ramassage et la transparence des fenêtres parsemées de petites mains collantes, cette après-midi j’écris!! » Je vais écrire tranquillement ce billet, parce que j’ai appris avec le temps à lâcher prise. Le ménage parfait!!! La super maison de la super femme qui brille comme un sous neuf. Trop peu pour moi!
La parfaite éducation, borné de principes strictes dans le but d’avoir des enfants parfaits. La parfaite coiffure, le parfait maquillage et la parfaite tenue vestimentaire. La parfaite alimentation, sans gras, sans sucre, comportant exclusivement des aliments biologiques. Trop peu pour moi!
Je ne suis pas parfaite!! Et je ne le serai jamais.
Combien de moments agréables à relaxer j’ai perdu avant de comprendre ça? Que de temps perdu à vouloir atteindre la maudite perfection. Et tout ça pour qui? Plus souvent qu’autrement pour les autres. Parce que leur jugement ébranlait mon estime personnelle, parce que j’avais peur de refléter une mauvaise image.
Bien que j’accorde toujours de l’importance au travail bien fait, j’ai appris à doser mon perfectionniste de manière à ne pas trop m’en faire. Ma maison ne ressemble pas à une porcherie, mais elle est accueillante et les invités peuvent s’assoir sans gêne. Mes enfants mangent de bon légumes et à l’occasion un gros sac de bonbons. En somme, la règle numéros 1 à mon avis est de se sentir bien à travers de ce que nous faisons.
Par exemple, la première fois que j’ai fait mon grand jardin, je tenais absolument à cultiver des légumes biologiques. J’ai acheté des graines non traités, j’ai engraissé mes terres de fumiers, j’ai appris aux enfants à faire du compost, j’ai observé avec soins les règles de compagnonnage qui permettent d’éloigner les insectes nuisibles sans insecticides, etc… etc… Bref, j’ai passé un temps fou à me soucier d’éliminer tous résidus chimiques de mon jardin. À regret j’ai vite constaté que mon entreprise s’avérait plus difficile que je le croyais. Je ne pouvais pas utiliser les cendres de bois pour neutraliser le PH de la terre si j’avais utilisé du papier journal contenant de l’encre chimique. Ni mettre les pelures de bananes non biologiques dans le compost. Et encore, je devais m’assurer que le fumier provenait d’animaux nourris au grain biologique et ne recevait aucune médicamentation. OUF!!! Tout cela devenait si complexe que je n’éprouvais plus aucun plaisir à préserver mes légumes de tous ses contaminants. Loin de me sentir bien j’étais anéantie, responsable d’une trop lourde entreprise. Alors je me suis dit : « Au diable la perfection!!! » J’ai diminué mes exigences si bien qu’aujourd’hui je continue de faire mon compost sans me soucier de savoir si la dite banane est bio ou non.
Prenez conscience de l’aspect néfaste du perfectionnisme et faites une remise en question de votre système de valeurs. Le perfectionnisme est surmontable et la vie est tellement plus simple quand on ne s’y laisse pas prendre. Et pourquoi pas, de temps à autre, écouter le bon vieux René qui disait: « Pourquoi remettre à demain ce que l’on peut remettre la semaine prochaine? »